Troy
Von Balthazar |
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L’épurement de la musique peut être une quête pour de rares musiciens. Troy Von Balthazar en fait partie comme en témoigne le perturbant puis magistral album qu’il vient de publier après des années de tâtonnement. Elles font suite à la mise à l’arrêt (certainement définitive) de Chokebore, ce groupe issu de Hawaï dont il était le chanteur guitariste et qui va ensuite émigrer vers les States tout en se trouvant de nombreux points de chute en Europe. Il y a sept ans, lors de la sortie de "Black Black" j’avais rencontré le groupe par deux fois. En relisant les réponses de l’époque j’ai commencé à comprendre les directions prises par Troy avec son premier cd éponyme. |
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Sur "Black
Black" il y avait déjà beaucoup de chansons étranges,
calmes, douces, était-ce déjà ton choix ? Et maintenant
tu arrives avec un disque presque musicalement nu…. Et il me
semble que tu te sers de ta voix parfois comme d’un instrument… Il y a aussi
quelque voix féminines sur ton disque… T’aimes
vraiment bien les filles ! Revenons
à la musique ! Sur les instruments tu places aussi des effets,
parfois on dirait des jouets d’enfants…. Mais quand
on fait tout, tout seul, personne ne peut porter un jugement sur ce que
tu fais à ce moment. Du genre : est-ce que le résultat sera
bien ou non… Mais depuis
longtemps tu as aussi l’habitude des studios… Il y a une
reprise du traditionnel "Old Black Joe". Pourquoi ? L’ensemble
du disque laisse des impressions de tristesse, d’amertume…. Pourquoi
est-ce que ton disque paraît sur un label parisien ? J’ai
lu que c’était tes chevaux qui se trouvaient sur la pochette
? Chokebore
est en stand by pour une longue période ? Les critiques
ont toujours été bonnes envers Chokebore mais le groupe
est resté "un petit groupe" au niveau de la reconnaissance
générale (Même Nirvana étaient
des fans !). Cela ne te laisse-t-il pas un goût amer
? Est-ce que
ta situation sociale et financière est un peu plus acceptable maintenant
? Que puis-je
te souhaiter pour le futur ? Claudy Jalet Son site : www.troyvonbalthazar.net |
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Alors qu’il sort un album en solo, l’ex chanteur guitariste de Chokebore reçoit enfin les éloges de la presse grand public (Le Soir et Télémoustique en tête). J’en suis le premier étonné car ce n’est pas un album évident aux premières écoutes mais je suis aussi très content même s’il restera toujours une part de déception par le peu d’impact que va laisser Chokebore, ce grand groupe qui n’aura conquis qu’une colonie de fans. Essayons donc d’oublier ce fait et crions notre bonheur d’entendre ce premier essai vraiment original. Réalisé avec de petits moyens, auto produit et exécuté par le seul Troy (plus quelques voix féminines), ce cd fait partie d’un courant musical qui joue la carte de l’épuration. Tel un écrivain qui travaille sa phrase afin d’en réduire la longueur sans en altérer la teneur, Troy réduit au maximum l’apport musical mais il lui laisse la densité nécessaire pour nous captiver. Les chansons résolument étranges dans leur conception vont du folk acoustique urbain vers des choses plus pop rock électriques avec comme unité la mélancolie, la grâce, l’émotion. Au rayon des moments absolument grandioses il faut noter "Numbers", "Real strong love", "Bad controller", sa voix sur "Old black Joe"… A découvrir pour deux raisons essentielles : inclassable et émouvant ! En bonus, un petit film (10’) réalisé par Darren Ankenman, déjà auteur des clips de Chokebore et qui montre Troy travaillant en studio avec Adeline Fargier. (CJ) |
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